Pour des raisons évidentes, j’ai décidé de rendre un peu moins aisée (i.e. pas immédiate) la découverte de mon IP. Plus précisemment, pour certains protocoles et pour certaines machines, je veux que l’IP vue par mon/mes peers ne soit pas directement l’IP que mon fournisseur d’accès m’affecte.
J’ajoute, mais cela n’a evidemment aucun rapport avec cet article, que certains pays intellectuellement plus développés ont recemment confirmé que le partage de fichiers sur le réseau n’était pas illégal sur leur sol.
Le postulat est donc le suivant: seules certaines machines de mon réseau privé devront “sortir” sur une passerelle differente, et uniquement pour certains ports et protocoles.
Pour réaliser cette petite tambouille, j’ai à ma disposition :
- Un serveur dédié ou virtuel hébergé “ailleurs”, possédant une interface sur une DMZ
- Le serveur en question fonctionne sous GNU/Linux, on gère donc le NAT et le firewalling grâce à iptables
- Une passerelle qui me relie à l’Internet par le biais de mon fournisseur d’accès
- Cette passerelle fonctionne sous NetBSD 5.0.2, on gère le NAT et le firewalling grâce à pf (notez qu’ipf ne permettrait pas, à ma connaissance, d’utiliser les fonctions qui nous seront nécessaires)
La première étape consiste à établir un lien VPN entre la passerelle et le serveur dédié. J’ai utilisé OpenVPN, solution de choix de par sa simplicité, sa souplesse et sa grande stabilité. Étant donné qu’il existe un nombre incalculable de documentations sur cet outil, je colle ici mes configurations client et serveur sans plus de détails :
Sur le serveur :
tls-server port 4444 dev tun proto udp local mon.serveur.dedie cd /home/imil/etc/openvpn ca keys/ca.crt cert keys/dedie.crt key keys/dedie.key dh keys/dh1024.pem client-config-dir ccd server 10.20.0.0 255.255.255.0 ifconfig-pool-persist ipp.txt client-to-client route 192.168.1.0 255.255.255.0 comp-lzo keepalive 10 60 ping-timer-rem persist-tun persist-key status openvpn-status.log verb 3
Sur le client :
tls-client proto udp dev tun0 remote mon.serveur.dedie 4444 nobind cd /usr/pkg/etc/openvpn/dedie-keys ca ca.crt cert monhost.crt key monhost.key comp-lzo keepalive 10 60 ping-timer-rem persist-tun persist-key pull verb 3 log /var/log/openvpn.log
Une fois OpenVPN démarré sur chaque point, une interface tun0 monte, avec coté serveur une IP du type 10.20.0.1 et côté client, 10.20.0.6.
Notez que, coté serveur dédié, on verra arriver une machine depuis la passerelle avec son IP réelle sur le réseau domestique, soit ici 192.168.1.0/24. Ainsi, c’est ce sous-réseau que nous devons NATer sur le dédié GNU/Linux.
Une particularité de mon montage est que je ne souhaite pas utiliser l’IP publique principale de mon serveur public car celle-ci possède un reverse sur mon domaine et est facilement identifiable. Par chance, mon hébergeur me donne la possibilité d’ajouter des alias IP routés sur l’interface publique. En l’occurence, c’est précisemment sur cet alias que j’effectue un source NAT plutot que du MASQUERADING :
### règles INPUT # iptables -A INPUT -m state --state RELATED,ESTABLISHED -j ACCEPT # j'autorise en entrée les connexions établies et connexes # iptables -A INPUT -p icmp -m icmp --icmp-type 8 -j ACCEPT # j'autorise l'echo-request # iptables -A INPUT -p udp -m udp --dport 4444 -j ACCEPT # j'autorise la connexion vers OpenVPN # iptables -A INPUT -i eth0 -j REJECT --reject-with icmp-port-unreachable # et je rejette tout le reste sur l'interface eth0 ### règles de NAT # iptables -t nat -A POSTROUTING -s 192.168.1.0/24 -j SNAT --to-source mon.alias.ip.public
Désormais, si sur ma passerelle je plaçais une route par defaut sur 10.20.0.1 (le boût du tunnel sur le serveur dédié), les machines de mon réseau 192.168.1.0/24 apparaîtraient avec l’IP mon.alias.ip.public.
Cependant, seulement certaines machines, et surtout certains protocoles devront être soumis à cette politique, et c’est grâce à pf, et en particulier la directive route-to, que nous allons mettre en place ce routage conditionnel. Voici les lignes corresponsantes du fichier pf.conf de notre passerelle NetBSD :
int_if="xennet0"
[...]
pass in on $int_if route-to (tun0 10.20.0.1) proto tcp from 192.168.1.10 \
to any port 80
pass in on $int_if route-to (tun0 10.20.0.1) proto udp from 192.168.1.10 \
to any port > 10000
Décodage: Concernant le traffic qui arrive sur l’interface interne $int_if, toute demande en provenance de l’IP 192.168.1.10 à destination du protocole HTTP devra être routée vers l’interface tun0 en utilisant l’adresse de passerelle 10.20.0.1.
toute demande en provenance de l’IP 192.168.1.10 à destination de ports UDP supérieurs à 10000 devra être routée vers l’interface tun0 en utilisant l’adresse de passerelle 10.20.0.1.
J’utilise ce routage depuis hier soir, l’overhead du lien VPN est minimal et l’ensemble se comporte correctement. Je ne prétend pas, avec ce système, bénéficier d’un anonymat hors du commun, mais il me permet au moins de ne pas exposer mon IP publique.
March 25th, 2010 at 12:20 pm
Parano quand tu nous tiens :)
March 25th, 2010 at 2:54 pm
Je préfère le mot “contrôle” (relatif, bien entendu) :)