mmmmm les bons spaghettis

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Ça commence à sentir le vieux sac de lacets sur ma routing box.
Pour rappel, j’utilise un domU NetBSD hébergé quelque part pour différencier mon traffic sortant. Ce domU est controllé par un dom0 Debian Squeeze, et a ceci de particulier que sa route par défaut part vers la suède. Seuls quelques services répondent directement sur l’IP publique “réelle”, sur laquelle j’opère du SNAT et du DNAT.

Tout ceci manquait cruellement d’un soupçon d’IPv6. Ainsi, après m’être frotté à SixXs et son système de crédits aussi ingénieux que pénible, j’ai finalement opté pour Hurricane Electric qui a en plus le bon goût de posséder un endpoint à Paris.

Si la configuration d’un tunnel v4/v6 se réalise le plus simplement du monde depuis plus de 10 ans via des tunnels gif, l’opération n’est pas complètement triviale lorsque le endpoint se trouve être NATté et qu’en plus ce dernier utilise une route par défaut différente de l’IP publique officielle du dom0.

Ainsi, après avoir souscrit à un endpoint IPv6 chez HE, quelques opérations sont nécessaires au bon fonctionnement du routage. Nous considèrerons que l’ip du endpoint gif IPv4 chez Hurricane est 1.2.3.4 et que notre IPv4 publique, sur le dom0 donc, est 5.6.7.8.

La première chose à faire sur notre dom0 est de rediriger tout le traffic en provenance de HE vers notre domU, dont nous considèrerons que l’IPv4 privée est 192.168.0.1.

# iptables -t nat -A PREROUTING -i eth0 -s 1.2.3.4 -j DNAT --to-destination 192.168.0.1

Il faudra évidemment, si cela n’est pas déjà fait, appliquer du SNAT afin que votre domU puisse “sortir” et se présenter avec notre IPv4 publique au monde. Par exemple:

# iptables -t nat -A POSTROUTING -s 192.168.0.1/32 -o eth0 -j SNAT --to-source 5.6.7.8

C’est l’unique configuration à effectuer sur le dom0. Jusqu’ici tout va bien.

Sur notre domU NetBSD, nous créons l’interface de tunneling comme ceci:

# ifconfig gif0 create
# ifconfig gif0 tunnel 192.168.0.1 1.2.3.4
# ifconfig gif0 inet6 2001:470:1e31:b2c::2 2001:470:1e31:b2c::1 prefixlen 128

Notez que c’est bien l’IPv4 privée que nous utilisons pour monter le tunnel gif, le SNAT du dom0 s’occuppera de transformer cette IP au vol.
Cette seule configuration, compte tenu du routage particulier de notre domU, ne suffira pas au bon fonctionnement du tunnel. Deux opérations sont nécessaires:

  • Ajouter une route explicite vers le endpoint HE
  • Forcer la sortie vers l’interface réelle du dom0 lorsqu’on essaye de joindre une adresse IPv6

Execution:

# route add -host 1.2.3.4 192.168.0.254

Ici, 192.168.0.254 est l’adresse passerelle du dom0.

# grep he_tunnel /etc/pf.conf-ovpn
he_tunnel="1.2.3.4/32"
pass out quick route-to ($real_if $gateway) from any to $he_tunnel

$real_if représente l’interface xennet0, et $gateway l’adresse de notre passerelle coté dom0, à savoir 192.168.0.254.
Reste à appliquer une route par défaut pour les adresses IPv6:

route -n add -inet6 default 2001:470:1e31:b2c::1

Et nous y sommes. Enfin, il faut evidemment automatiser toutes ces manipulations afin de retrouver notre état fonctionnel à chaque reboot, cela est réalisé en créant le fichier /etc/ifconfig.gif0 avec ce contenu:

create
tunnel 192.168.0.1 1.2.3.4
inet6 2001:470:1e31:b2c::2 2001:470:1e31:b2c::1 prefixlen 128
!route add -host 1.2.3.4 192.168.0.254
!route -n add -inet6 default 2001:470:1e31:b2c::1

And voila, Danse petite tortue, danse !

Mais tu t’ennuies dans la vie en fait ?

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Depuis que j’ai commencé la serie de billets qui parlent de tunnels, on me demande en substance “c’est chouette et tout mais… tu vas ou là ?”. Rappelez-vous, le premier billet de cette serie parlait de tunnels suédois, et bien évidemment, je ne suis pas le seul à désirer contrôler plus finement le chemin qu’empruntent les paquets IP qui sortent de mes machines. Aussi, avec quelques amis, avons nous décidé de mettre en place un réseau possiblement sécurisé, interconnecté, et hautement disponible. Ainsi, l’objectif est de pouvoir contacter nos réseaux à travers des liens cryptés, et de sortir sur le Net en utilisant differents tunnels, ces routes se construisant dynamiquement grâce au protocole BGP.
Hormis l’aspect purement pratique de la chose, le projet est passionnant et les techniques employées sont élégantes et interessantes. For teh lulz quoi.

Plus précisemment, considérons une machine, hébergée quelque part sur l’Internet. Cette machine fait office de routeur BGP à l’aide du logiciel Quagga. Ce routeur BGP est connecté à d’autres routeurs représentant autant de Systèmes Autonomes (AS), privés bien entendu, on parle ici d’EBGP (Exterior Border Gateway Protocol). À ce routeur, je connecte ma passerelle maison, qui fait partie de mon AS privé. C’est un lien IBGP (Interior Border Gateway Protocol).

Lorsqu’un noeud, que j’ai déclaré dans la configuration du routeur, se connecte à notre réseau, ce dernier annonce les routes qu’il souhaite. Par exemple un réseau d’échange ou encore une route par defaut. Un système de poids fera préférer tel ou tel chemin pour joindre un point du réseau.

Voici un exemple de configuration, très simple, de l’un des routeurs de bordure:

password trescomplique
enable password trestrescomplique
!
router bgp 65535
 bgp router-id 10.0.1.1
 network 192.168.10.0/24
 neighbor 10.0.1.2 remote-as 65535
 neighbor 10.0.2.1 remote-as 65536
!
ip forwarding

On établit ici une liaison IBGP vers 10.0.1.2 et EBGP vers 10.0.2.1, et on annonce sur ces réseaux comment joindre 192.168.10.0/24.

Comme vous vous en doutiez, ces routeurs sont tous reliés entre eux par une liaison point à point IPsec, routent leur traffic à travers des tunnels gre(4) sur les liaisons IPsec, et sortent tous par défaut sur Internet via la Suède.

Ce dernier point n’est pas anodin d’un point de vue routage; en effet, il est contre-productif qu’une partie du traffic, celui de l’infrastructure, emprunte la suède pour communiquer avec ses pairs. Pire, dans certains cas cela provoquera des cas de routage asymétrique. Aussi, il est indispensable de mettre en place des règles de gestion de routage… en amont de la table de routage ainsi que de la SPD d’IPsec. La solution ? PF bien sûr :)

Voici la configuration que j’utilise pour m’assurer que tout le traffic lié à l’infrastructure emprunte bien des chemins optimaux (explication dans la conf):

real_if="xennet0"
tun_if="tap0"
gateway="192.168.0.254"

openvpn="{ 1194 10010 10020 }"
direct_ports="{ 22 53 80 179 443 500 4500 }"
ipsec="{ 179 500 4500 }" # ipsec protocols + BGP

# comme vu dans un billet precedent, on s'assure de repondre via notre IP
# publique "reelle" lorsque l'on est interroges sur $direct_ports
pass in quick log on $real_if reply-to ($real_if $gateway) proto { tcp, udp } \
        from any to any port $direct_ports

# meme methode pour les protocoles utilises par IPsec
pass in quick log on $real_if reply-to ($real_if $gateway) proto { ah, esp } \
        from any to any

# on route les protocoles d'echange de cle (isakmp) sur l'interface
# reelle $real_if
pass out quick log route-to ($real_if $gateway) proto { tcp, udp } \
        from any to any port $ipsec
# on route tout le traffic AH/ESP via $real_if
pass out quick log route-to ($real_if $gateway) proto { ah, esp } \
        from any to any

# on bloque tout le traffic se dirigeant vers l'interface reelle $real_if
# sauf OpenVPN et les protocoles utilises par IPsec
block out log on $real_if
pass out on $real_if proto { tcp, udp } from any to any port $openvpn
pass out on $real_if proto { ah, esp } from any to any

Ces règles doivent être chargées après le chargement d’OpenVPN, on peut réaliser cette séquence très simplement à l’aide de la directive up du fichier de configuration du logiciel:

script-security 2
up /home/imil/bin/pf-up.sh

Le script en question est trivial:

#!/bin/sh

/sbin/pfctl -f /etc/pf.conf-ovpn

Moyennant quoi, à chaque démarrage d’OpenVPN, ces règles viendront s’assurer qu’aucun paquet hors contrôle ne transitera par l’IP publique “réelle” de notre serveur, tout le traffic non lié à l’infrastructure devant passer par le tunnel Suédois.

Le projet est toujours en cours de construction et il reste encore quelques boulons à serrer, mais ‘vous inquiétez pas, vous serez les permiers au courant des évolutions ;)

Un dernier mot, certains lecteurs m’envoient depuis quelque jours leur setup à debugger et m’expliquent en détail les problèmes qu’ils rencontrent, vous comprendrez aisemment que je ne peux humainement pas dépiler tout ça tout seul, mais n’oubliez pas que, modulo votre bienséance, vous êtes bienvenu sur le canal #gcu@freenode !

Jouons à cache-cache

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Aujourd’hui, en raison des diverses lois liberticides mises en oeuvre pour controler l’activité des usagers sur Internet dans notre beau pays de la plainte, je me suis abonné à un très bon service de VPN fourni par la société Suédoise VPNtunnel.

Le service est impeccable, la conf OpenVPN fonctionne out-of-the-box, et ainsi la route par defaut de ma machine client prend le chemin de la Suède. Nickel.

Mais vous me connaissez, j’aime bien me compliquer la vie.
Le service en question ne fournit pas d’IP fixe, et c’est bien normal au vu de l’objectif même de l’offre; seulement voila, la machine que j’ai raccordé à ce service n’est pas une bête workstation, mais plutot un serveur situé “quelque part”. Évidemment, je me connecte via ssh à cette machine, et il m’est fort désagréable de devoir retrouver son IP en permanence. Pas question de bidouiller un truc à base de dynamic DNS, on est pas des sauvages tout de même.

Le problème, je vous le donne en mille, c’est que lorsque je ssh vers l’IP publique habituelle de cette machine, le paquet de retour emprunte la route par défaut, le tunnel donc, et que le serveur en question, c’est une machine virtuelle, dont le port SSH est translaté par le dom0. Oui je sais ça commence à donner mal à la tête. En un mot comme en cent, la connexion SSH n’aboutit jamais, passant par un endroit et sortant par un autre.

La solution: PF le magnifique !

Je vous entretenais il y a quelques temps déjà de la fabuleuse directive route-to, mais cette dernière ne s’applique pas au cas présent. Fort heureusement, sa soeur jumelle, reply-to réalise exactement le travail voulu, et ce en 2 coups de cuiller à pot. Démonstration:

Sur mon dom0, une machine Debian/GNU Linux, je redirige le traffic du port 2323 sur le port 22 de ma machine virtuelle NetBSD de cette façon:

-A PREROUTING -i eth0 -p tcp -m tcp --dport 2323 -j DNAT --to-destination 192.168.0.8:22
-A POSTROUTING -s 192.168.0.8/32 -j MASQUERADE # ici, on NAT la sortie de sorte que le domU puisse répondre au client

Mais lorsque le domU souhaite répondre à l’IP qui le sollicite sur le port 22, il emprunte sa route par défaut, et nous nous retrouvons dans un bon vieux cas de routage asymétrique, la lose.
On peut lire dans le man de pf.conf la prose suivante:

     reply-to
           The reply-to option is similar to route-to, but routes packets that
           pass in the opposite direction (replies) to the specified inter-
           face.  Opposite direction is only defined in the context of a state
           entry, and reply-to is useful only in rules that create state.  It
           can be used on systems with multiple external connections to route
           all outgoing packets of a connection through the interface the
           incoming connection arrived through (symmetric routing enforce-
           ment).

Et j’ai envie de dire “pile poil”. Voyons ce que cela nous donne:

real_if="xennet0"
gateway="192.168.0.254"

direct_ports="{ 22,80,443 }"

pass in quick log on $real_if reply-to ($real_if $gateway) proto tcp \
        from any to any port $direct_ports

Wooooh, trop balèse Watson !

Moyennant ces quelques lignes, nous pouvons constater, heureux:

imil@tatooine:~$ telnet foobar.imil.net 2323
Trying 1.2.3.4...
Connected to foobar.imil.net.
Escape character is '^]'.
SSH-2.0-OpenSSH_5.0 NetBSD_Secure_Shell-20080403-hpn13v1

C’est la classe ou bien ?

Au feu, tournez à gauche

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Pour des raisons évidentes, j’ai décidé de rendre un peu moins aisée (i.e. pas immédiate) la découverte de mon IP. Plus précisemment, pour certains protocoles et pour certaines machines, je veux que l’IP vue par mon/mes peers ne soit pas directement l’IP que mon fournisseur d’accès m’affecte.

J’ajoute, mais cela n’a evidemment aucun rapport avec cet article, que certains pays intellectuellement plus développés ont recemment confirmé que le partage de fichiers sur le réseau n’était pas illégal sur leur sol.

Le postulat est donc le suivant: seules certaines machines de mon réseau privé devront “sortir” sur une passerelle differente, et uniquement pour certains ports et protocoles.

Pour réaliser cette petite tambouille, j’ai à ma disposition :

  • Un serveur dédié ou virtuel hébergé “ailleurs”, possédant une interface sur une DMZ
  • Le serveur en question fonctionne sous GNU/Linux, on gère donc le NAT et le firewalling grâce à iptables
  • Une passerelle qui me relie à l’Internet par le biais de mon fournisseur d’accès
  • Cette passerelle fonctionne sous NetBSD 5.0.2, on gère le NAT et le firewalling grâce à pf (notez qu’ipf ne permettrait pas, à ma connaissance, d’utiliser les fonctions qui nous seront nécessaires)

La première étape consiste à établir un lien VPN entre la passerelle et le serveur dédié. J’ai utilisé OpenVPN, solution de choix de par sa simplicité, sa souplesse et sa grande stabilité. Étant donné qu’il existe un nombre incalculable de documentations sur cet outil, je colle ici mes configurations client et serveur sans plus de détails :

Sur le serveur :

tls-server

port 4444
dev tun
proto udp
local mon.serveur.dedie

cd /home/imil/etc/openvpn
ca keys/ca.crt
cert keys/dedie.crt
key keys/dedie.key
dh keys/dh1024.pem

client-config-dir ccd

server 10.20.0.0 255.255.255.0
ifconfig-pool-persist ipp.txt

client-to-client
route 192.168.1.0 255.255.255.0

comp-lzo

keepalive 10 60
ping-timer-rem
persist-tun
persist-key

status openvpn-status.log

verb 3

Sur le client :

tls-client

proto udp
dev tun0

remote mon.serveur.dedie 4444

nobind

cd /usr/pkg/etc/openvpn/dedie-keys
ca ca.crt
cert monhost.crt
key monhost.key

comp-lzo

keepalive 10 60
ping-timer-rem
persist-tun
persist-key

pull

verb 3
log /var/log/openvpn.log

Une fois OpenVPN démarré sur chaque point, une interface tun0 monte, avec coté serveur une IP du type 10.20.0.1 et côté client, 10.20.0.6.
Notez que, coté serveur dédié, on verra arriver une machine depuis la passerelle avec son IP réelle sur le réseau domestique, soit ici 192.168.1.0/24. Ainsi, c’est ce sous-réseau que nous devons NATer sur le dédié GNU/Linux.

Une particularité de mon montage est que je ne souhaite pas utiliser l’IP publique principale de mon serveur public car celle-ci possède un reverse sur mon domaine et est facilement identifiable. Par chance, mon hébergeur me donne la possibilité d’ajouter des alias IP routés sur l’interface publique. En l’occurence, c’est précisemment sur cet alias que j’effectue un source NAT plutot que du MASQUERADING :

### règles INPUT
# iptables -A INPUT -m state --state RELATED,ESTABLISHED -j ACCEPT # j'autorise en entrée les connexions établies et connexes
# iptables -A INPUT -p icmp -m icmp --icmp-type 8 -j ACCEPT # j'autorise l'echo-request
# iptables -A INPUT -p udp -m udp --dport 4444 -j ACCEPT # j'autorise la connexion vers OpenVPN
# iptables -A INPUT -i eth0 -j REJECT --reject-with icmp-port-unreachable # et je rejette tout le reste sur l'interface eth0
### règles de NAT
# iptables -t nat -A POSTROUTING -s 192.168.1.0/24 -j SNAT --to-source mon.alias.ip.public

Désormais, si sur ma passerelle je plaçais une route par defaut sur 10.20.0.1 (le boût du tunnel sur le serveur dédié), les machines de mon réseau 192.168.1.0/24 apparaîtraient avec l’IP mon.alias.ip.public.
Cependant, seulement certaines machines, et surtout certains protocoles devront être soumis à cette politique, et c’est grâce à pf, et en particulier la directive route-to, que nous allons mettre en place ce routage conditionnel. Voici les lignes corresponsantes du fichier pf.conf de notre passerelle NetBSD :

int_if="xennet0"

[...]

pass in on $int_if route-to (tun0 10.20.0.1) proto tcp from 192.168.1.10 \
        to any port 80
pass in on $int_if route-to (tun0 10.20.0.1) proto udp from 192.168.1.10 \
        to any port > 10000

Décodage: Concernant le traffic qui arrive sur l’interface interne $int_if, toute demande en provenance de l’IP 192.168.1.10 à destination du protocole HTTP devra être routée vers l’interface tun0 en utilisant l’adresse de passerelle 10.20.0.1.
toute demande en provenance de l’IP 192.168.1.10 à destination de ports UDP supérieurs à 10000 devra être routée vers l’interface tun0 en utilisant l’adresse de passerelle 10.20.0.1.

J’utilise ce routage depuis hier soir, l’overhead du lien VPN est minimal et l’ensemble se comporte correctement. Je ne prétend pas, avec ce système, bénéficier d’un anonymat hors du commun, mais il me permet au moins de ne pas exposer mon IP publique.

Crassshhhh

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C’est remarquable cette propension des petits lutins bleus de la nuit à aller bousiller les seules machines qui ne sont pas backupées, ils savent tout, ils voient tout, et ce sont de sacrés petits pervers de merde.

Hier matin, alors que je m’apprétais à faire le tour de mes mails avant de partir au boulot, je constate avec effroi que “je ne sors plus”. Comportement plus qu’étrange, ma passerelle récupère bien l’IP publique Free via DHCP, le ping passe quelques secondes, puis s’arrête, plus rien. Inévitablement, je commence à blâmer Free -bien qu’objectivement, je n’ai pas recontré de problèmes majeurs depuis des mois-, puis par acquis de conscience, teste le lien sur une machine differente. Ça passe.

Mon ancienne passerelle était un peu bancale, il faut l’avouer; il s’agissait d’une Sun Netra X1 gracieusement léguée par monsieur ange pendant Solutions Linux 2008, qui faisait tourner un OpenBSD 4.1 qui paniquait environ tous les trois mois.

Il ne m’en fallait pas plus pour plancher sur une nouvelle gateway, sous NetBSD cette fois. M’est alors apparu l’idée de faire fonctionner cette passerelle dans un domU, après tout, en bridgeant l’interface qui reçoit le réseau Free à une interface Xen, et de la même manière, en bridgeant l’interface raccordée à mon LAN, cela devrait fonctionner sans accroc: et bien c’est le cas.

Voici les fichiers impliqués dans ce mic-mac:

Sur le dom0, je déclare mes interfaces comme suit :

$ cat /etc/ifconfig.fxp0 # LAN
inet 192.168.0.10 netmask 255.255.255.0
$ cat /etc/ifconfig.fxp1 # Free
up

Puis je déclare des bridges sur ces interfaces :

$ cat /etc/ifconfig.bridge0 # LAN
create
!brconfig $int add fxp0 up
$ cat /etc/ifconfig.bridge1 # Free
create
!brconfig $int add fxp1 up

Ce qui nous donne, dans la configuration du domU :

$ cat /usr/pkg/etc/xen/exar
#kernel = "/home/imil/xen/netbsd-5.0.2-INSTALL_XEN3_DOMU.gz"
kernel = "/home/imil/xen/netbsd-5.0.2-XEN3_DOMU-pf.gz"
memory = 256
name = "exar"
vcpus = 1
disk = [ 'file:/home/imil/xen/exar.img,0x03,w' ]
disk += [ 'file:/home/imil/iso/amd64cd-5.0.2.iso,0x04,r' ]
vif = [ 'bridge=bridge0' ]
vif += [ 'bridge=bridge1' ]
bootdev = "/dev/xbd0a"

Notez le nom du noyau qui sert à faire booter cette VM, netbsd-5.0.2-XEN3_DOMU-pf.gz. En effet, un modload /usr/lkm/pf.o fait misérablement crasher le domU, il est donc nécessaire de se fendre d’une recompilation du noyau domU en incluant à la configuration :

pseudo-device   pf                      # PF packet filter
pseudo-device   pflog                   # PF log if

Sur le domU-passerelle, on constate la présence des deux interfaces :

$ ifconfig -a
xennet0: flags=8863 mtu 1500
        capabilities=2800
        enabled=0
[...]
xennet1: flags=8863 mtu 1500
        capabilities=2800
        enabled=0
[...]

Leur configuration est triviale :

exar$ cat /etc/ifconfig.xennet0 # LAN
inet 192.168.0.254 netmask 255.255.255.0
exar$ cat /etc/ifconfig.xennet1 # Free
up
!dhclient $int

Et voila !

On active le NAT gràce à pf :

ext_if="xennet1"
int_if="xennet0"

nat on $ext_if from !($ext_if) -> ($ext_if:0)

Et me voila à nouveau en mesure de raconter ma vie trépidante sur l’Intarwebz.

Welcome home

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Un des trucs, sinon LE truc que je crevais d’envie de faire dans mon nouvel appart, c’était de monter un vrai hotspot, comme je l’expliquait deux news plus bas. Eh bah ça y est, c’est up. Je sais pas encore bien si j’en ferai un article ou si je donnerai des astuces au coup par coup, mais en attendant, voici à quoi ça ressemble.

Deux OpenWRT configurés en simples bridges permettent aux invités de se raccorder au VLAN dédié au wireless public :

/etc/config/wireless

config wifi-device  wifi0
        option type     atheros
        option disabled 0
        option mode             11b
        option distance         10000
        option diversity        0
        option txantenna        1
        option rxantenna        1
        option channel          6

config wifi-iface
        option device   wifi0
        option ifname   ath0
        option network  lan
        option mode     ap
        option ssid     Empire-Network
        option encryption none
        option txpower 18

/etc/config/network

config interface loopback
        option ifname   lo
        option proto    static
        option ipaddr   127.0.0.1
        option netmask  255.0.0.0

config interface lan
        option ifname   eth0 ath0
        option type     bridge
        option proto    static
        option ipaddr   192.168.200.253
        option netmask  255.255.255.0

Où un serveur dhcp leur fournira une IP dans le subnet adéquat. Un simple règle pf redirigera alors toute requète http vers un portail captif qui expliquera à l’invité quelles informations entrer dans son browser afin de pouvoir utiliser HTTP, HTTPS et FTP (notez que pour le moment un seul sur une bonne 30aine a reussi à effectuer cette opération heutement technique…). Quelques règles de QoS m’assurent que l’invité ne crame pas toute ma bande passante :

/etc/pf.conf

int="fxp0"

table <empire_guests> { 192.168.200.0/24, ! 192.168.200.254, ! 192.168.200.253, ! 192.168.200.252 }

altq on $int cbq bandwidth 28Mb queue { empirenet_in, empirenet_out }
queue empirenet_in bandwidth 2Mb priority 1 cbq(default)
queue empirenet_out bandwidth 128Kb priority 7

rdr on $int inet proto tcp from any to <empire_guests> port www -> 127.0.0.1 port 80

pass in on $int from any to <empire_guests> queue empirenet_in
pass out on $int from <empire_guests> to any queue empirenet_out

L’utilisateur passe alors via Squid et son activité est soumise au filtrage de squidGuard dans lequel j’ai interdit les catégories !aggressive !violence !hacking !ads !porn !warez !suspect.
J’applique sur le switch des access-list par port qui n’autorisent que les protocoles HTTP, SSH et DHCP.

[...]
ip access-list extended wifiout
 permit ip any host 192.168.200.254
 permit tcp any any eq http
 permit udp any any eq bootps
 permit tcp any any eq ssh
[...]
interface e 18
 ip access-group wifiout in
[...]

Le tout est graphé par Cacti, notemment grace à l’extension dhcpd-snmp de Net-SNMP et au template cacti associé.

Si vous passez dans le 17eme, cherchez le ssid “Empire-Network” :)

update

Bon bah en fait si, y’aura un article :)

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